Les techno-fixes, chapitre 1

Posted on lundi, juin 21, 2010, under










Traduction du rapport de Corporatewatch.org sur les techno-fixes
par
Les Lucindas.

PDF original en anglais :   télécharger / consulter en ligne.








CHAPITRE 1 : LA TECHNO-FIXATION

La crise climatique devient de plus en plus préoccupante et oblige à choisir des solutions. Cependant, tout un battage d’intérêts privés se réclame du débat concernant le futur. Ce rapport est consacré aux technologies à échelle planétaire que les entreprises et les gouvernements mettent en avant comme étant des solutions au changement climatique (le captage et stockage du carbone, l’hydrogène, les agro fuels et la géoingénierie), explique en quoi elles ne peuvent nous protéger des catastrophes climatiques et recherche des solutions plus réalistes et plus humaines.
Ce rapport offre une vue d’ensemble des questions accompagnant chaque technologie présentée comme une solution au changement climatique, ainsi que des analyses conjointes et un cadre comparatif. Prendre les bonnes décisions technologiques est vital, puisqu’il s’agit d’éviter les effets dévastateurs d’un changement climatique. Mais la plupart des technologies mises en avant comme solution à cette crise ne marchent tout simplement pas et empirent même la situation, causant des dommages environnementaux ou n’étant pas opérationnelle sur l’échelle temporelle dont nous avons besoin. Même combinées, elles ne pourraient pas régler le problème globalement – par exemple, il n’existe pas une techno-fixation qui peut régler la question de la déforestation, responsable d’un cinquième des émissions à effets de serre.
Les techno-fixes sont attrayants. Ils attirent les dirigeants qui veulent mener de vastes projets pour y accoler leur nom. Ils attirent les gouvernements qui veulent gagner des voix lors de campagnes électorales à courtes échéances, et ne veulent pas avoir à assumer des changements radicaux dans les choix économiques et sociaux. Ils attirent les entreprises qui veulent créer des nouveaux marchés et les posséder via les droits de propriété intellectuelle et la marchandisation des émissions. Ils attirent les médias dirigés par la publicité qui ne misent que sur le nouveau buzz à propager, bien trop superficiel pour cerner des enjeux scientifiques sous jacents. Ils attirent toute une population de consommateurs de gadgets hi-tech appartenant au versant riche du monde. Ils attirent les comptables du carbone : la réduction technologique des émissions est soigneusement quantifiée, si on écrit correctement la somme. Les techno-fixes attirent, en bref, ceux qui ont le pouvoir, car ils offrent le moyen de maintenir les pouvoirs et privilèges en place.
Mais pourquoi sont-ils de mauvaises réponses, alors que la technologie reste la réponse clé ? Le discours du remède miracle ignore complètement la complexité de la situation, composées de besoins différents, et la raison du changement climatique, si largement diffusée et si pauvrement mesurée. En bref, ça n’aborde pas le problème. Si nous voulons des solutions justes, sociales et durables au changement climatique alors nous devons avoir un regard très critique sur la façon dont nos systèmes sociaux et économiques ont échoué. Si l’approche de ce problème se fait d’abord par le prisme technologique elle peut creuser les inégalités entre les pauvres et les riches, et ces derniers ont les moyens de s’offrir une propriété technologique via le copyright qui leur permettre de maintenir leur train de vie alors que les pauvres gens vont souffrir des pires impacts climatiques. L’injustice sociale aura atteint son sommet le plus haut, et n’engendrera que le conflit.



L’URGENCE INTERNATIONALE.

Le changement climatique a déjà eu lieu. L’air est les océans se sont déjà réchauffés, les saison de croissance végétale se sont déjà modifiées et les calotte glacière ou de neige ont déjà diminué dans le monde. Des événements météorologiques extrêmes comme les inondations, les cyclones et les sècheresses sont en augmentation. [1] L’OMS estime que 150000 personnes sont mortes à cause des changements climatiques en 2007[2].

Et ça ne va pas s’arranger. Une hausse de température d’environ 4° serait communément établie, peut-être devrons-nous nous attendre à une hausse de 6° pour ce siècle[3].

Beaucoup de scientifiques considèrent que de limiter l’augmentation des températures à un maximum de 2 degrés par rapport au niveau préindustriel est nécessaire si nous voulons éviter les effets dévastateurs du changement climatique[4]. Le GIEC, qui représente le consensus scientifique international sur ce sujet, suggère que pour avoir une chance de limiter le réchauffement à 2 degrés requerrait de s’y mettre d’ici 2015 dernier délai, avec une baisse entre 50 et 80% (par rapports aux niveaux de 2000) des émissions d’ici 2050, et en particulier pour les pays industrialisés une baisse de 25 à 40% d’ici 2020, et de 90 à95% d’ici 2050[5]. Cela représente une baisse d’émissions de carbone de 5% par année et chaque année.

Cela pourrait se passer bien plus mal : l’augmentation globale des températures peut aussi déséquilibrer l’écosystème planétaire, ce qui provoquerait encore plus d’émissions de gaz à effet de serre par un effet rétroactif menant à une accélération catastrophique du changement climatique. Deux exemples peuvent illustrer le risque : la température des sols augmente, les bactéries qui y vivent respirent plus et génèrent plus de carbone. Si la température de l’air augmente, les forêts tropicales en meurent, relâchant le carbone qu’elles détiennent dans l’atmosphère, ce qui accélère l’augmentation des températures. Un article récent estime que de tels effets rétroactifs comptent déjà pour 18% dans le réchauffement climatique.
Un réchauffement de plus de 2 degrés aurait pour résultats :

· Une baisse globale de la production agricole, entrainant la famine pour des millions de gens, donc de l’insécurité et des conflits.
· Plus de trois milliards de personnes seront à court d’eau potable d’ici 2050, la hausse du niveau des mers et océans détruiraient les villes, les ports et les espaces cultivés, privant des millions de personnes de logement.

· En tout il pourrait y avoir plus d’un milliard de réfugiés climatiques d’ici 2050.

Une augmentation de plus de 4° mènerait à des changements excédant la capacité géophysique, biologique et socioéconomique des systèmes actuels[6]. Si nous ne nous débrouillons pas pour réduire nos émissions d’ici 2015, nous sommes bons pour ces scénarios.

Donc si une technologie ne peut pas être développée et déployée dans la décennie prochaine, elle ne nous sera de peu d’utilité. Attendre des décennies une technologie qui marche avant de se décider à cesser les émissions se révèlera désastreux[7].




[1] Cf.  Assessment Report 4, Working Group II. http://www.ipcc.ch
[3]GIEC : Climate Change 2007: Synthesis Report: Summary for Policymakers, ‘Table SPM1’, A1F Scenario, 2007, p8
[4]Avoiding Dangerous Climate Change, International Symposium on the Stabilisation of Greenhouse Gas Concentration, Hadley Centre, Met Office, Exeter, UK, 1-3
February 2005, Report of the International Scientific Steering Committee, May 2005, p6
[5] GIEC, Fourth Assessment Report. Climate Change 2007: Synthesis Report. Summary for Policymakers, 2007, Table SPM.6 http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.htm#21/
 
[6]Joseph Canadell et al, ‘Contributions to accelerating atmospheric CO2 growth from economic activity, carbon intensity, and efficiency of natural sinks’ Proceedings of the National Academy of Sciences. 25 October 2007 
http://www.pnas.org/content/104/47/18866.full.pdf+html?sid=456b9146-9fda-4893-89d3-b4d82e1598c1
[7]GIEC : Climate Change 2007: Synthesis Report: Summary for Policymakers, ‘Table SPM1’, A1F Scenario, 2007, p10-13










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Par Les Lucindas.




Nous avons traduit un rapport de 80 pages réalisé par Corporate Watch sur les Techno-fixes, édité chapitre par chapitre (voir en bas de page) et synthétisé sur les parties destinées à décrire les technologies mises en cause (biochars, agrofuel, albédo and co!)

Pour rappel, ce que l'on appelle techno-fixes ou techno-fixation est la démarche de vouloir réparer un dégât causé par une technologie en développant une autre technologie.

Exemple :
En ce moment BP diffuse du détergent (le corexit) pour dissoudre le pétrole qui fuit. Très bien, comme ça, en plus du pétrole, on se prend du détergent.

En figure de style, la techno-fixation est un zeugma!




Voici la bête:

LES TECHNO-FIXES : guide critique sur les technologies du changement climatique.
Ecrit par Claire Fauset pour Corporate Watch, groupe de médias et de recherches indépendant britannique fondé en 1996. Il a pour but d’examiner les impacts sociaux et environnementaux des grandes entreprises internationales et les mécanismes par lesquels elles accumulent et maintiennent leur pouvoir. Corporate Watch assure un service d’informations alternatives ainsi que des projets de recherches sur les supermarchés, les services privés, la modification génétique, la nanotechnologie, le pouvoir des entreprises et les relations publiques avec l’industrie.
www.corporatewatch.org



Rapport sur les Techno-Fixes.





TRADUCTIONS PAR CHAPITRES :


CHAPITRE 1 : La TECHNO-FIXATION.

CHAPITRE 2 : Régler le problème du changement climatique par la techno-fixation : les problèmes et les alternatives.

CHAPITRE 3 : Le point de vue des firmes dominantes sur le changement climatique.

CHAPITRES 4 et 5 : Les technologies et leur efficacité énergétique.

CONCLUSION.








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Information dénichée par Atomick Dog.
Billet et traduction par Les Lucindas.







Monsanto est en train de mettre sur le marché un gène résistant à l’aluminium.

Voici ce qu’ils avancent :
Les fermiers des pays en voie de développement, qui ont peu de ressource et cultivent à petite échelle ont à faire face à des stress quotidiens, comme les sols pauvres, la sécheresse et le manque de moyens. Le changement climatique et la croissance démographique vont exacerber ces stress. Une nouvelle génération de semences génétiquement modifiées peut réduire ces problèmes en améliorant les performances des récoltes de cultures alimentaires, comme le manioc, les sorghos ou le millet, si on augmente leur tolérance à la sécheresse, aux inondations et à l’aluminium présent dans les sols, tout comme les plantes qui produisent plus de phosphore et d’azote. Cependant de nombreux pays en voie de développement manquent de systèmes de mesures de prévention pour éviter la perte d’intégrité biologique, et ne peuvent en adopter faute de temps et de moyens. Des réformes sont nécessaires pour que les fermiers des pays en voie de développement puissent bénéficier des semences génétiquement modifiées.

En fait le lien mis en avant par le site farmwars est le résumé d’une nouvelle publication de l’IFPRI, qui est un des centres de recherches membre du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale ou CGIAR, fondé par la Banque Mondiale et dont la fondation Monsanto est un des 64 membres, parmi des ONG, des gouvernements et les fondations Gates et Rockfeller. Que du lourd quoi. La plupart de leurs sièges sont dans des pays pauvres, sauf l’IFPRI, basé à Washington. Que le citoyen du monde se rassure, on veille sur lui.



Traduction d'une question de Barbara H Peterson
dans l'article de farmwars (cité plus haut):

Serait-ce une coïncidence que Monsanto vienne à la "rescousse" en proposant des semences génétiquement modifiées pour mieux supporter l’aluminium car sa présence excessive dans les sols fait mourir les plantes ?

Ou alors ce serait un geste courtois du monopole que Monsanto élabore sur l’industrie alimentaire dans une dialectique hégélienne de concert avec un capitalisme opportuniste, et qui reposerait sur le fait officieux qu’un projet de géoingénierie est déjà en place, épandant dans notre atmosphère des chemtrails de barium et d’aluminium ?






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En annexe,

un lien envoyé par un de nos lecteurs préférés.
Encore un exemple de communication au nom de la force du bien avec face de bébé barbouillé de millet modifié.
Le ton est prudent (voir tiède), mais entre les lignes tout y est:

Pourquoi nourrir les affamés est-il tant controversé ?
http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=89493













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Source du document traduit:
http://science.nasa.gov/science-news/science-at-nasa/2010/04jun_swef/

Par Les Lucindas.




On a traduit ce qu’il se dit là 



L’espace va interagir avec la terre d’une façon qui n’a aucun précédent dans l’histoire de l’humanité. Pour s’y préparer, les autorités à Washington DC vont tenir un meeting le 8/06 : The Space Weather Enterprise Forum at the National Press Club.
Richard Fisher, à la tête du département consacré à l’héliophysique de la NASA, nous explique de quoi il sera question : « Le soleil se réveille d’un profond sommeil, et dans les prochaines années nous nous attendons à une hausse de l’activité solaire. En parallèle, notre société technologique a développé une sensibilité nouvelle aux tempêtes solaires. Ces deux questions seront l’objet de nos discussions. »
L’Académie Nationale des Sciences avait formulé le problème il y a 2 ans dans le fameux rapport intitulé Les Evènements Climatiques spatiaux lourds : leurs impacts sur la société et l’économie. Il fait remarquer à quel point les gens au 21ème siècle dépendent des technologies dans leur vie quotidienne. Les réseaux de distribution électrique reposant sur une gestion informatique, le GPS, le trafic aérien, les services financiers et les communications radio d’urgence peuvent être mis hors service par une intense activité solaire. Une tempête solaire plus forte que la moyenne pourrait caser 20 fois plus de dommages économiques que l’ouragan Katrina.
La plupart des dommages peuvent être minimisés si les tempêtes sont anticipées. On peut mettre alors les satellites en mode sécurisé et déconnecter les transformateurs pour éviter une hausse de tension qui serait fatale. Cette action préventive, toutefois, nécessite des prévisions précises, qui ont été confiée à la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration)
« Les prévisions météorologiques spatiales sont à leurs débuts, mais nous faisons des progrès rapides. » assure Thomas Bogdan, directeur du centre NOAA de Boulder, dans le Colorado.




Bon, on s’arrêtera là dans le travail de traduction de cet article, qui continue sur une belle description de la superbe alliance NASA-NOAA, le premier fournissant sa flotte de vaisseaux, le second ses satellites, pour s’engager dans la météo spatiale…

Quelques héliophysiciens disent que les tempêtes solaires ne peuvent avoir d’effets notables sur notre fabuleuse civilisation que si le champ magnétique ou l’inclinaison du globe terrestre a été modifié… On commencerait à se dire qu’ils ont bel et bien mis la zone avec HAARP…

Mais sinon, sans émettre d’hypothèse, on peut quand même se permettre une terrible désillusion, pour nous, de la génération qui avons cru que la conquête de l’espace allait nous faire danser avec les aliens (ou les baleines, au choix) : non, non, la conquête de l’espace, c’est pour protéger la 3G et nos gadgets hightech. La révolution spatiale, c’était pour ton chez-toi à crédit, mémère !








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