Article déniché sur ACSEIPICA yahoo groupe.
Source: http://www.alterinfo.net/La-geo-ingenierie-atmospherique_a50099.html






Institute of Science in Society, Julian Rose, 20 septembre 2010
      Un rapport anonyme confirme que des expériences de manipulation météorologique et climatique ont été effectuées par la Zunie et ses alliés durant les dernières décennies.


Les traînées chimiques (chemtrails) dévoilées

      Beaucoup de soupçons ont été suscités au cours des dix dernières années par les formations nuageuses inhabituelles et les sillages anormaux de jet dans la haute atmosphère [*]. J'ai personnellement été témoin de centaines de jours d’ingénierie de traînées et de nuages par des jets, à la fois au Royaume-Uni et en Pologne. Cependant, il s'est avéré être extrêmement difficile d’avoir des informations de source officielle sur le phénomène. Sur interrogation, la réponse normale est : « il ne se passe rien d'anormal. »
[* Ndt : La nature anormale de ce phénomène ressort du fait que c’est en gros seulement depuis la fin des années 90 que l’on peut voir le ciel défiguré par des chemtrails persistants, sans que la densité d’avion n'ait changé notablement.]

      Il s'avère que c’est très loin de la réalité. Bien que la plus grande partie de cet article se focalise sur une seule affaire récente de recherche professionnelle sur ce sujet, des centaines de documents à la fois officiels et officieux explorent et exposent les agissements loufdingues de l'aviation civile et militaire, chargées quotidiennement depuis quasiment dix ans de pulvériser couche après couche des substances toxiques sous forme de traînées d’aérosols chimiques dans le ciel au-dessus de nos têtes.

      Les épisodes d’épandage ne sont pas signalés par les médias et les gouvernements gardent le silence. Cette collusion, qu’elle soit intentionnelle ou non, nous maintient dans l'obscurité au sujet d'une grande expérience de géo-ingénierie qui a pour effet de desservir notre santé et de perturber gravement l'environnement naturel. Et, sans Internet, nous n’aurions rien su.

      Le Groupe Belge basé à Belfort a rassemblé plus de sept ans de recherche et d'enquête sur les faits et les activités qui sont devenues largement connus sous le nom « chemtrails. » Le 29 mai 2010, lors d’un symposium international à l’université de technologie Delft à Gand, le Groupe de Belfort a demandé au Dr Coen Vermeeren, ingénieur principal en aéronautique, de prendre la parole sur la question. Vermeeren a établi sa présentation sur un rapport scientifique de 300 pages intitulé [1] « Case Orange: Contrail Science, Its Impact on Climate and Weather Manipulation Programs Conducted by the United States and Its Allies » (Affaire Orange : Sciences des traînées de condensation, impact sur le climat et la météo des programmes de manipulation conduits par la Zunie et ses alliés). Selon Vermeeren, les auteurs du rapport sont « un groupe de scientifiques ou d’initiés qui ont choisi de rester anonymes. »

      Dans son exposé, le Dr Vemeeren reconnaît franchement l'existence des traînées persistantes. » Il dit :


      « Nous savons aussi que les chemtrails existent parce que nous faisons des pulvérisations, pour les cultures, par exemple, et nous savons qu'ils sont faits à des fins militaires. Les chemtrails ne sont donc pas nouveaux. Nous le savons. »

De la manipulation météo à la géo-ingénierie

      Le rapport Case Orange révèle l'existence de documents disponibles au public, indiquant que diverses formes de géo-ingénierie sont en cours depuis « au moins 60 ans. » Les premiers exemples incluent « les opérations du Royaume-Uni d’ensemencement des nuages au-dessus de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale et les tentatives de la Zunie pour débusquer les Vietnamiens du Nord pendant la guerre du Vietnam. C’est toutefois pâle comparé à l'ampleur des activités actuelles.

      La controverse sur les effets potentiellement nuisibles sur l'environnement et la santé humaine de ce genre d’agissement a conduit à l’interdiction des armes de modification environnementale (En Mod), sous les auspices de « La Convention des Nations Unies sur l'interdiction des techniques de modification de l'environnement à des buts militaires ou à toute autre fin hostile » en 1987. Il n'est pas clair si cette interdiction a été encore pleinement appliquée. Pourtant, l'intérêt envers l’En Mod a rapidement pris de l'importance lorsque l’alarme du réchauffement mondial et des questions environnementales associées insistantes ont attiré l'intérêt scientifique mondial [2].

      Le rapport Case Orange cite un certain nombre de brevets zuniens concernant l'invention d'un « dispositif spécifique de génération de traînée, destiné à produire une traînée de poudre dotée d’une capacité de diffusion de rayonnement maximale pour un poids donné de matière. Afin de produire une traînée stable ayant une période de latence pouvant atteindre une à deux semaines, » la substance dispersée se compose de 85 pour cent de particules métalliques et 15 pour cent de silice colloïdale et de gel de silice.

      Puis, en 2009, la publication d'un rapport intitulé « Modification des cirrus pour réduire le réchauffement mondial, » a complété l’affaire de stratégies de géo-ingénierie [3]. Tout cela a été déclaré dans l'intention de créer une couche de nuages réfléchissants, capables de renvoyer les rayons du Soleil pour empêcher le réchauffement indésirable du climat terrestre. Le rapport indique que les conclusions du GIEC appuient la proposition décrite dans le brevet Hughes Aircraft 1991 relatif à l'ensemencement stratosphérique pour réduire le réchauffement mondial. Ce brevet a ensuite été acheté par Raytheon, l’entrepreneur privé de la défense du gouvernement zunien. C’est la même compagnie qui a obtenu le contrat de construction de HAARP (High Frequency Active Auroral Research Program) à Gakona, en Alaska.


Le complexe militaro-industriel pour le contrôle complet de la météo contre le réchauffement climatique

      HAARP est un grand réseau de 180 antennes qui projette de puissantes impulsions électromagnétiques dans le but de réchauffer un point particulier de l'ionosphère terrestre. Cela a pour effet de créer des fréquences électromagnétiques qui peuvent être réfléchies en des endroits désirés de la Terre, en provoquant de graves perturbations de la météo et des milieux géophysiques, même profondément sous terre [4, 5]. HAARP peut fournir jusqu'à 3,6 milliards de watts, élever la température de l’ionosphère à plus de 50.000 degrés et « soulever une zone de 30 kilomètres carrés de l'ionosphère, et altérer de cette façon les systèmes de pression localisés ou même modifier le trajet du jet-stream. »
[Ndt : Cela pourrait-il expliquer le blocage du jet-stream à l’origine des étranges conditions météo en Russie et au Pakistan cet été ?]

      Le rapport Case Orange cite la preuve que Raytheon pourrait développer une capacité à « exercer une forme de contrôle complet de la météo, » une situation ayant une ressemblance marquée avec les ambitions déclarées de Monsanto à « contrôler la chaîne alimentaire. » Il convient de noter qu'il existe actuellement plus de 500 brevets de plantes génétiquement modifiés « climate ready » (adaptées au climat) en attente d’approbation de licence à Washington et à Bruxelles. Selon leurs créateurs, les semences et les plantes génétiquement modifiées « climate ready » promettent d'être capables de produire une récolte à la fois dans des conditions d’inondation et de sécheresse.

      Le « Groupe ETC », des droits de l'homme et de la surveillance de l'environnement, décrit ainsi l'évolution de la géo-ingénierie atmosphérique : « Le déploiement du « Plan B » (une référence au recours à la géo-ingénierie, si les autres mesures visant à réduire les émissions devaient être jugées inefficaces) est habilement exécuté : des comités éminents parrainés par des groupes de prestige, une avalanche d'articles évalués par les pairs dans les revues scientifiques et, dans les pays nordiques, des hommes politiques alignés pris de panique, hochant nerveusement la tête pour acquiescer tandis que les scientifiques attestent du « besoin de rechercher le Plan B. »

      Rady Ananda déclare à la fin de son document [6] : « Avec des détails tels que les pulvérisations horaires du gouvernement, les commandes de produits chimiques, la nomenclature exacte utilisée dans les manuels d’exploitation des services aériens et les appels des économistes en faveur de la géo-ingénierie, Case Orange concorde au rapport publié en 1996 par le personnel militaire supérieur de Zunie, intitulé « La météo comme force multiplicatrice : Maîtriser la météo en 2025, » [7] à l'appui de sa notion de « forte implication des gouvernements au plus haut niveau dans des projets de contrôle du climat. » Ananda continue [6] : « Maîtriser la météo en 2025 fournit un calendrier précis du recours aux techniques En Mod en coopération avec l'Association de Modification Météorologique, un groupe en affaire avec le gouvernement qui promeut les effets bénéfiques du recours aux modifications de l'environnement [8] :


      2000-2025, usage de produits chimiques dans l'ensemencement atmosphérique fait par l'aviation civile (et militaire)


      2004, grâce à la nanotechnologie, création de nuages intelligents ayant un accroissement exponentiel, à partir de 2010


      2005, introduction de poussière noire de carbone. »

L'ONU engagé dans le combat de géo-ingénierie contre le climat

      En 2007, l'Organisation météorologique mondiale (de l'ONU) a publié une déclaration incluant des « Directives de planification des activités de modification de la météo. » Ce document implique clairement les Nations Unies dans le projet de conduite des activités de pulvérisation d’aérosols à grande échelle.

      Dans une partie du rapport Case Orange portant sur « le strict nécessaire de la géo-ingénierie grâce à la création de nuages pour la survie de la planète, » les auteurs déclarent : « Notre équipe d'enquête arrive à la conclusion que les programmes de maîtrise du climat, contrôlés par les militaires, mais approuvés par les gouvernements, sont discrètement mis en œuvre afin d'éviter le pire cas de figure qu'ils veulent éviter. Les deux instruments de base sont la maîtrise de la température, grâce à la création de nuages artificiels, et la manipulation de l'ionosphère, grâce à des dispositifs de chauffage.

      « Tous deux restent essentiellement des systèmes militaires de combat avec l'option de lancer l'offensive si nécessaire. Toutefois, étant donné que plusieurs systèmes de chauffage ionosphérique sont installés en divers endroits du globe, on peut supposer qu'il existe une large coopération entre gouvernements afin d'atteindre l’objectif climatique d'ici à 2025 : le contrôle de la météo et de la planète. »

      Les systèmes de pulvérisation semblent organisés en combinaison logique pour que l'ensemble de l'Europe soit couverte en une période de trois jours. Des cartes colorées de l'Europe indiquent à quel moment doit s’effectuer chaque opération.

      Dans la section intitulée « Recommandations » du rapport, les auteurs déclarent : « Les chemtrails persistants ont un impact dévastateur sur les écosystèmes de la planète et la qualité de vie en général. » Les auteurs appellent à la divulgation complète au public des activités actuelles du En Mod, ainsi qu’au respect de tout règlement de l'aviation civile.


Moratoire sur les activités de géo-ingénierie

      Donnée encourageante, en réponse à l'intérêt politique envers la géo-ingénierie comme moyen de contrôle du climat, le sous-comité de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité a proposé en mai 2010 un moratoire sur les activités de géo-ingénierie [9]. Cette proposition sera entendue à la dixième Conférence des Parties en faveur de la Convention des Nations Unies pour la diversité biologique à Nagoya, au Japon, en octobre de cette année (2010).

      Le rapport Case Orange indique en outre que la Zunie permet de tester en plein air des armes chimiques et biologiques. Cela annule le droit civil mentionné plus haut dans cet article. Les auteurs paraphrasent ainsi la loi permissive : « Le ministre de la Défense peut effectuer des essais et des expériences impliquant l'utilisation d'agents chimiques et biologiques sur les populations civiles. » Il semble que des soucis de « sécurité nationale » peuvent servir au président pour rejeter les considérations environnementales et de santé publique. Est-ce la même chose en Europe ?

      J'ai fourni une vue d'ensemble du témoignage principal découlant du rapport Case Orange. Elle apporte une contribution importante pour ouvrir les ordres du jour secrets qui n’ont sans cela pas leur place dans une démocratie auto-déclarée. Parmi d'autres rapports conséquents, il y a un document important du Dr Ilya Perlingieri, intitulé « Conséquences des aérosols de métaux et produits chimiques sur la santé humaine » [10]. Mme Perlingieri déclare : « Ces dix dernières années, des tests indépendants sur des chemtrails dans tout le pays ont montré un dangereux brouet très toxiques contenant du baryum, des particules nanométriques d’aluminium recouvertes de fibre de verre (connues sous le nom de CHAFF), du thorium radioactif, du cadmium, du chrome, du nickel, du sang desséché, des spores de moisissure, des mycotoxines de champignons jaunes, du dibromure d'éthylène et des fibres de polymère. Par sa toxicité le baryum peut être comparé à l'arsenic [11], et il est connu pour affecter le cœur. L’aluminium a la réputation d’endommager la fonction cérébrale. » Je n'ai pas besoin d'ajouter que le dibromure d'éthylène est un pesticide agricole hautement toxique.

      Maintenant que nous partageons cette information, nous devons agir en conséquence. Il est vital de soutenir le moratoire qui sera présenté en octobre au Japon. Écrivez à votre député pour lui dire que ces activités mondiales ne sont pas des balivernes de « théories du complot, » et qu'elles se déroulent sans consultation du public et sans aucun effort de mise en garde de leurs répercussions éventuelles.




Références

1. Discours du Dr Coen Vermeeren au symposium de l’université de technologie Delft, le 29 mai 2010,
www.ustream.tv/recorded/7299427


2. « L’organisme scientifique supérieur demande le ‘’plan B’’ de géo-ingénierie, » Catherine Brahic : New Scientist, 1/9/2009,
www.newscientist.com/article/mg20327243.500-top-science-bodywww.newscientist.com/article/mg20327243.500-top-science-body


3. Mitchell DL et Finnegan W. « Modification des cirrus pour réduire le réchauffement climatique. » Lettres de la Recherche Environnementale, 30 octobre 2009,
iopscience.iop.org/1748-9326/4/4/045102


4. « À propos de HAARP dans un article de Belitsos, » Radical Wisdom, 14 juillet 2010,
radwisdom.com/2010/07/14/chemtrails-aerosol-madness-above-the-earth/


5. Pour en savoir plus sur HAARP, voir : « Maîtriser la météo mondiale, » du professeur Michel Chossudovsky, Global Research,
www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=319


6. « La géo-ingénierie atmosphérique : manipulation météo, traînées de condensation et chemtrails, » de Rady Ananda, 30 juillet 2010,
www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=20369


7. Colonel Tamzy J.House, et autres, « La météo comme force multiplicatrice : Maîtriser la météo en 2025, » ministère de la Défense, Air Force zunienne, 17/06/1996. Publié publiquement en août 1996. Reproduit à la Fédération des scientifiques zuniens :
www.fas.org/spp/military/docops/usaf/2025/v3c15/v3c15-1.htm


8. Site Internet de Weather Modification :
www.weathermodification.org/


9. Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques, « Examen approfondi des travaux sur la biodiversité et les changements climatiques, » projet de recommandations, Convention sur la diversité biologique, Programme environnemental des Nations Unies, UNEP/CBD/SBTTA/l.9, 15/05/2010.
www.cbd.int/doc/meetings/sbstta/sbstta-14/in-session/sbstta-14-L-09-en.pdf


10. « Conséquences des métaux et des aérosols de produits chimiques toxiques sur la santé humaine, » Ilya Perlingieri, 12 mai 2010,
www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=19047


11. Voir Pesticide Action Network North America (PANNA)
www.pesticideinfo.org/Detail_Chemical.jsp?Rec_Id=PC41174



Original: www.i-sis.org.uk/atmosphericGeoengineering.php
Traduction copyleft de Pétrus Lombard







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Déniché sur acseipica yahoo group.
http://fr.groups.yahoo.com/group/acseipica/




Case Orange est le nom d’un rapport scientifique, élaboré par une équipe d'ingénieurs aéronautiques hollandais et belges, qui ont estimé qu’il était temps de dévoiler au public les faits réel concernant ces traînées de condensation des avions que l’on nomme "chemtrails".

L’identité des auteurs n’est pas dévoilée mais toutes les données peuvent être contrôlées via les renvois en bas de page et toutes les affirmations sont étayées par des annexes détaillées.

Ce rapport prouve essentiellement et sans démenti possible que des épandages sont réellement effectués partout dans le monde, depuis de nombreuses années et  mis en action par les Etats-Unis.

Case Orange a été présenté au Symposium International de Gand, organisé par le Belfort Group le 29 mai 2010.  On peut  écouter les orateurs sur le site suivant :  
http://www.ustream.tv/channel/belfort-test

Le document comprend un texte de base de 70 p.  et  230 p. d’annexes.  
Il peut être téléchargé sur le site suivant :
http://www.belfort-group.eu/sites/default/files/page/2010/05/COpart1.pdf



Ci-dessous, un résumé en français du texte de base.




case orange - résumé en français











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technofixes, conclusion.

Posted on mercredi, septembre 08, 2010, under










Traduction du rapport de Corporatewatch.org sur les techno-fixes
par
Les Lucindas.


PDF original en anglais :   télécharger / consulter en ligne.



Voir précédemment :
CHAPITRE 1 : LA TECHNO-FIXATION
CHAPITRE 2 : Régler le problème du changement climatique par la techno-fixation : les problèmes et les alternatives.
CHAPITRE 3 : Le point de vue des firmes dominantes sur le changement climatique.





Les technofixes: conclusion.


L'augmentation rapide et continue des infrastructures émettrices de CO2 sur une nouvelle décennie peut rendre l'évitement d'un dangereux changement climatique impraticable si ce n'est impossible.

Les politiciens et les compagnies se trompent non pas parce qu'ils sollicitent les mauvaises technologies mais parce qu'ils ne considèrent qu'un seul aspect du changement climatique. Comme nous l'avons souligné au chapitre 2, nous avons besoins de changements sur bien des plans: technologique, social, politique, économique. Ils sont tous liés, mais le plan social a un rôle moteur.

Ce rapport ne se présente pas comme un manifeste. Nous devrions nous méfier de ceux qui pensent qu'ils ont réponse à tout, rien n'est simple. C'est une contribution à une discussion qui nous engage tous maintenant et qui doit être dans la ligne de mire de chacun de nous en ces moments de crise.

Le changement technologique.

Il ne suffit pas en lui-même mais il est vital. Nous avons besoin d'avoir des exigences de critères pour des énergies durables. Beaucoup de technologies que l'on appelle conventionnellement « renouvelables » (agrocarburants et autres types de bioénergies, l'hydraulique à grande échelle, les biogaz et incinération de déchets) n'arrangent pas la situation. Les technologies qui sont opérationnelles maintenant et qui peuvent nous aider à aller vers des sociétés plus durables sont celles sur lesquelles nous devons nous pencher.

On a besoin de la recherche et du développement pour augmenter l'efficacité de ces technologies, améliorer les capacité de stockage d'énergie et demander la maitrise des technologies qui peuvent utiliser les énergies renouvelables et durables.

Le changement politique.

La régulation climatique relève de la sphère politique et pas que de la sphère économique. Il est nécessaire, en temps que membre de la société de prendre des décisions concernant les solutions que nous allons adopter. Cela requiert un engagement démocratique et une action politique gouvernementale qui ne repose pas sur la création de marchés mais sur les façons dont on produit l'énergie pour la distribuer, et qui régissent notre façon de consommer.

Le changement économique.

Comme « l' ère consumériste » arrive inévitablement à son déclin, nous avons besoin de trouver comment maîtriser la transition vers une société dont l'économie serait basée sur une gestion des besoins qui soit équitable et durable.

Le modèle économique actuel n'est pas à la hauteur. L'estimation de valeurs sur telle ou telle action ou non action face au changement climatique est futile, on peut pas donner une valeur de calculs aux impacts critiques (l'effondrement des écosystèmes) qu'il entraîne. Il nous faut une compréhension scientifique du problème reposant sur une étude des mesures qui sont le plus efficaces, justes et durables et non pas simplement attrayantes du point de vue économique.


Le changement social.

C'est celui qui entraînera tous les autres changements, si il se fait. C'est lui qui a pu mener aux changements qui ont déjà eu lieu jusqu'à présent.
Il faut caler les besoins des populations sur les limites des ressources planétaires en encourageant la coopération, le changement des trains de vie, et l'usage des technologies appropriées. Nous avons besoin de gérer notre production alimentaire, nos transports, nos logements notre exploitation des terres et notre activité économique de façon plus durable. Ces solutions durables devront se faire, pour la plupart, à petite échelle et sur des territoires donnés, pour cibler les besoins des populations locales. Pour atteindre ces objectifs il nous faut coopérer à un niveau communautaire.

Certains rétorqueront que si le problème est global, les solutions doivent l'être aussi. Mais ce serait ignorer la grande complexité de la situation: les solutions à échelle globale ne prennent pas en compte les impacts locaux et les dynamiques à plus petites échelles. On peut certes les mesurer plus facilement. Remplacer un carburant par un autre peut réduire une quantité mesurable d' émissions, alors que des interventions plus locales ou des changements de comportements seraient plus difficilement prévisibles ou quantifiables. Les changements sociaux sont moins faciles à comprendre si l'on prend le prisme d'un analyste systémique ou un comptable carbone. C'est pour cela que les mécanismes mis en place ont échoué, ils ont manqué le facteur le plus important.

Très fréquemment, quand les gens qui oeuvrent pour ces changements sociaux exposent leur point de vue, on leur dit qu'ils « croient aux contes de fées. », qu'ils n'ont pas faux, mais qu'ils sont à côté de la réalité.

Vous voulez un véritable conte de fées? Essayez donc ceci:
  • Continuez d'émettre des gaz à effets de serre, histoire d'envenimer le problème sur les 20 prochaines années tout en espérant que quelque chose se fera.
  • Reposez-vous sur des technologies clefs-en-mains qui n'ont pas encore été finalisées et qui pour certaines ne marcheront pas.
  • Ne faites rien pour le tiers des émissions provenant de la déforestation et de l'agriculture.
  • Ne faites rien pour régler le problème sous-jacent, à savoir la consommation à outrance des ressources.
Vous ne finirez peut-être pas aux pays des fées, mais sûrement sur une planète méconnaissable, peuplée de désert en plastique, de faux arbres et de machines à fabriquer les nuages.

Alors soyons réellement réalistes. Les technologies nous seront utiles dans l'élaboration des solutions, mais elles ne sont pas un remède miracle. D'autres changements bien plus importants que la technologie sont techniquement possibles, et il dépend de nos actions immédiates de les réaliser. Nous avons à franchir de gros obstacles. Mais avec tout le savoir et l'expérience que nous avons, et notre extraordinaire capacité d'adaptation, tant que nous avons pas atteint la limite des 2 degrés, il nous reste une chance. Et ne pas la prendre serait suicidaire.

Le début vers une solution durable au changement climatique pourrait ressembler à la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. La science est indiscutable. L'opinion publique commence à monter. Les politiciens et les compagnies font semblant d'apporter des solutions mais les gens ne les croient plus. Certains politiciens commencent même à remettre en question la croissance économique perpétuelle. Les graines du changement sont semées. On a un énorme travail à faire pour faire germer ces graines et les porter à maturité, il est encore temps, on peut encore le faire.










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technofixes, chapitres 4 et 5

Posted on mercredi, septembre 08, 2010, under












Traduction du rapport de Corporatewatch.org sur les techno-fixes
par
Les Lucindas.



PDF original en anglais :   télécharger / consulter en ligne.





Voir précédemment :
CHAPITRE 1 : LA TECHNO-FIXATION
CHAPITRE 2 : Régler le problème du changement climatique par la techno-fixation : les problèmes et les alternatives.
CHAPITRE 3 : Le point de vue des firmes dominantes sur le changement climatique.








Chapitres 4 et 5:  
Les technologies et leur efficacité énergétique. (résumé des scores)



L'hydrogène:
Efficacité à réduire les émissions de gaz à effets de serre: 1/10.
Efficacité à la hauteur de sa médiatisation et des chiffres avancés par la science: 1/10.
Démocratisation: 1/10, la domination des grosses compagnies reste la condition d'accès.
Equité sociale: 3/10, pas de nouveaux effets collatéraux, mais une inégalité énergétique déjà existante.
Durabilité: 2/10, bien que ça évite l'usage des énergies fossiles, ça perpétue les impacts négatifs de l'usage automobile.
Variabilité d'échelle: 2/10, requiert une énorme infrastructure, bien plus coûteuse (et donc élitiste) que l'actuelle technologie automobile.


Les agrocarburants de 1ère génération:
Efficacité à réduire les émissions de gaz à effets de serre: 1/10.
Efficacité à la hauteur de sa médiatisation et des chiffres avancés par la science: 1/8.
Démocratisation: 2/10, augmente le pouvoir de l'industrie agroalimentaire au détriment des possibilités d'exploitation locales et limitées.
Equité sociale: 1/10, hausse des prix de l'alimentaire, saisies de terres et atteinte aux droits des travailleurs;
Durabilité: 1/10, son expansion dépend de conversion agricole et détériore l'écosystème.
Variabilité d'échelle: 1/10.


Le captage et stockage du carbone/ les énergies fossiles « propres »:
Efficacité à réduire les émissions de gaz à effets de serre: 3/10.
Efficacité à la hauteur de sa médiatisation et des chiffres avancés par la science: 1/7.
Démocratisation: 1/10, la domination des grosses compagnies reste la condition d'accès.
Equité sociale: 3/10, pas de nouveaux effets collatéraux, mais perpétue les injustices de l'industrie du charbon.
Durabilité: 3/10, les réserves de charbon sont par définition limitées, et es mines ont un impact négatif sur les écosystèmes.
Variabilité d'échelle: 4/10, applicable seulement à des grosses sources d'approvisionnement.


L'énergie nucléaire:
Efficacité à réduire les émissions de gaz à effets de serre: 4/10.
Efficacité à la hauteur de sa médiatisation et des chiffres avancés par la science: 1/3.
Démocratisation: 1/10, la domination des grosses compagnies reste la condition d'accès.
Equité sociale: 1/10, les déchets sont à la charge des générations futures pour très très longtemps.
Durabilité: 3/10, dépend de la durabilité des carburants, et la question des déchets s'empire à mesure qu'on prolonge son utilisation.
Variabilité d'échelle: 5/10, ne convient pas à tous les besoins au niveau global.


L'énergie solaire:
Efficacité à réduire les émissions de gaz à effets de serre: 8/10, la construction des panneaux est consommatrice de carbone.
Efficacité à la hauteur de sa médiatisation et des chiffres avancés par la science: 1/3.
Démocratisation: 7/10, seulement la manufacture requiert une centralisation et une haute technologie, son usage peut être très décentralisé.
Equité sociale: 7/10, pas d'effets collatéraux et permet d'étendre l'électricité à des zones non accessibles, mais alors attention à l'aspect « colonisateur » de l'accès à l'énergie.
Durabilité: 6/10, peut-être problème avec les matériaux bruts et les impacts liés à la manufacture.
Variabilité d'échelle: 7/10, peut fournir à grande échelle mais la question du stockage reste non résolue.


L'énergie éolienne:
Efficacité à réduire les émissions de gaz à effets de serre: 8/10, la construction des éoliennes est consommatrice de carbone.
Efficacité à la hauteur de sa médiatisation et des chiffres avancés par la science: 1/2.
Démocratisation: 5/10, comme l'énergie solaire, peut avoir une application décentralisée, mais la situation actuelle favorise plutôt les grosses entreprises.
Equité sociale: 8/10, pas d'effets collatéraux, permet d'étendre l'accessibilité à l'énergie.
Durabilité: 8/10.
Variabilité d'échelle: 7/10, peut fournir à grande échelle mais la question du stockage reste non résolue.

L'énergie hydraulique: hydroélectricité, énergie marémotrice, énergie des vagues.
La première est une vielle technologie ( les barrages) et les deux autres sont encore à l'état expérimental. Leur impact sur l'écosystème est bien trop important pour que toute analyse puisse être notifiée.

La biomasse:
Efficacité à réduire les émissions de gaz à effets de serre: 6/10, le potentiel est réduit par la contingence des transports et les émissions.
Efficacité à la hauteur de sa médiatisation et des chiffres avancés par la science: 1/3.
Démocratisation: 9/10 pour les biogaz et l'usage traditionnel de la biomasse, 3/10 pour les nouvelles générations d'électricité et de chauffage, qui proviennent des grandes compagnies.
Equité sociale: 7/10 pour le biogaz.
Durabilité: 10/10 pour le biogaz, 3/10 pour les nouvelles générations d'électricité et de chauffage, ça pourrait être améliorable, mais ça repose sur une changement dans l'exploitation des terres.
Variabilité d'échelle: 3/10.

Extension de réseau vs. énergie décentralisée:

Scores Extension de réseau énergie décentralisée
Efficacité à réduire les émissions 6/10, pourrait encourager la consommation des énergies renouvelables. 6/10, usage plus efficace des carburants existants, mais n'élimine pas les énergies fossiles et la microgénération peut être inefficace.
Efficacité à la hauteur de sa médiatisation et des chiffres avancés par la science 1/4 1/2
Démocratisation 2/10, c'est le contrôle par l'électricité, loin des préoccupations des individus et des communautés. 7/10, le pouvoir est décentralisé donc aux mains de structures locales.
Equité sociale 3/10, phénomène de « colonisation » par l'énergie. 7/10
Durabilité 8/10, une fois établi, le système devrait être robuste. 5/10 beaucoup de systèmes encore dépendants des énergies fossiles.
Variabilité d'échelle 6/10, dans quelles proportions de besoins? 6/10, pourrait s'étendre considérablement, amis dans quelles proportions?

Les technologies de géoingénierie:
Efficacité à réduire les émissions de gaz à effets de serre: 2/10.
Efficacité à la hauteur de sa médiatisation et des chiffres avancés par la science: 1/10.
Démocratisation: 1/10, les projets reposent sur des grosses inégalités.
Equité sociale: 1/10 beaucoup d'effets négatifs sur les habitants des déserts, des forêts, la pêche, les victimes touchés par les expérimentations climatiques et les générations futures obligées de maintenir une telle coercition sur le climat.
Durabilité: 1/10, les projets auraient besoin d'être maintenus sur des très longues périodes, déployant d'énormes efforts.
Variabilité d'échelle: 1/10, aucune preuve de réduction d'émissions à grande échelle.











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technofixes, chapitre 3

Posted on mardi, septembre 07, 2010, under












Traduction du rapport de Corporatewatch.org sur les techno-fixes
par
Les Lucindas.



PDF original en anglais :   télécharger / consulter en ligne.





Voir précédemment :
CHAPITRE 1 : LA TECHNO-FIXATION
CHAPITRE 2 : Régler le problème du changement climatique par la techno-fixation : les problèmes et les alternatives.






CHAPITRE 3:

Le point de vue des firmes dominantes sur le changement climatique.
« Pour atteindre un objectif vert il faut vivre vert. » Newsweek, mars 2007.
La question de l’approche technologique au problème climatique ne peut être séparée de l’approche politique asservie aux lois des marchés et des entreprises. La réponse des gouvernements au changement climatique a été d’établir des buts (inadéquats) de réduction des émissions qui puissent attirer l’industrie. Parce que la mise en application de solutions a été laissée entre les mains des marchés, en charge d’analyser la réponse des firmes au changement climatique qui est d’évaluer l’efficacité technologique de ces solutions.
Du déni à l’appropriation, les entreprises et le changement climatique.
Qui de nos jours dit qu’il ne sent pas concerné par le changement climatique ? Cette situation étrange a émergé quand la question environnementale a été médiatisée par les entreprises. 50 ans plus tôt, cela aurait été choquant, en particulier pour tous ces cadres qui à présent essaient de convaincre le monde qu’ils se soucient de la planète.
La stratégie du monde des affaires sur le changement climatique a eu un retournement majeur à la fin des années 90. Un groupe influent d’entreprises a compris que le déni du changement climatique ne marcherait pas et qu’il fallait des stratégies plus subtiles et complexes pour tirer profit de cette menace climatique.
La campagne de propagande du déni climatique a été à la base conçue par l’industrie du tabac à propos du lien entre cancer et consommation de tabac. L’industrie du tabac a mis en place des « groupes de façade » pour examiner une série de questions, incluant la question du cancer et du changement climatique qu’ils ont qualifié de « scientifiquement bidon » 18 La menace grandissante que constituait l’action autour du changement climatique a abouti à la création par les industries pétrolières et automobiles de la Global Climate Coalition ( GCC) pour semer le doute sur la pertinence de la climatologie et contrecarrer les efforts politiques pour réduire les gaz à effet de serre.19 Mais comme la campagne dénégatrice de l’industrie du tabac capotait, à cause des procès intentés contre les géants du tabac,20 les petits flots de preuves concernant le changement climatique ont miné la position climato sceptique, les grandes compagnies ont commencé à changer de tactique.
Il a fallu une stratégie plus efficace que le déni pour maîtriser la question, et faire en sorte que les politiciens tentent de la régler avec des moyens qui arrangent la logique du marché. En 1997 les grandes compagnies ont commencé à se désolidariser du GCC, en faisant de grandes déclarations publiques, façon retour de veste sur revers verts21. Les compagnies pétrolières se sont rebaptisées « industries d’énergie » et mettent en avant leurs investissements dans les énergies solaires ou à vent. Ca a été annoncé par de nombreuses ONG comme étant un grand pas en avant.
Le déni climatique est donc au fond des oubliettes avec pour dernier grand défendeur les Etats Unis. Toutefois, ce fut une stratégie efficace, si l’on reconnaît le fait que le but du déni n’était pas de gagner un débat, mais de faire croire qu’un débat existait, et par là même de remettre à plus tard l’inévitable, que les gouvernements prennent sérieusement en compte l’existence du changement climatique. En se montrant encore plus positifs que le « démon du déni climatique » les industriels rebaptisés ont réussi leur coup, qui est d’imposer le capitalisme comme solution au problème. La double stratégie du déni et des fausses solutions a donc très bien marché. La troisième stratégie pour gagner du temps est la diversion, en particulier avec des nouvelles technologies. Les compagnies investissent dans une technologie pour faire un exercice de style en relations publiques, sans vraiment se pencher sérieusement sur le problème. Autant dire qu’elles achètent du temps pour permettre aux secteurs industriels les plus destructeurs comme le pétrole, l’automobile, le charbon, l’aviation, de continuer à faire des bénéfices alors que les gens attendent la venue des nouvelles technologies alternatives. En effet, les compagnies nous disent : « Ne vous inquiétez pas pour le changement climatique, on va le gérer. On a rien de prêt pour le moment mais on va y arriver. » C’est le message sous entendus de tous les rapports commandés par les compagnies, de BAT à General Electric. Les technologies ne sont que des pirouettes qu’agitent les compagnies et les gouvernements. La question de l’indépendance des sources d’informations est cruciale.
Parallèlement à la mise en scène du débat public, l’influence des compagnies sur les gouvernements leur a donné un immense pouvoir sur les mesures qui sont mises en place pour le changement climatique. Avec le support des élites industrielles, Al gore dirige l’équipe américaine des négociations pour le Protocole de Kyoto a réalisé une prise d’intérêts massive en faveur des compagnies en introduisant la marchandisation des émissions, qui donne aux pollueurs une licence pour continuer de polluer (voir ci-dessous22.)
Que veulent les grandes sociétés ?
Du profit.
Les grandes sociétés ont légalement l’obligation de mettre le profit au-dessus de tout autre considération23. Quelle que positive que semble une action de leur part, elle l’est toujours dans le sens de leurs intérêts. Unilever, le géant de l’alimentaire et du « bien-être » qui doit faire face à une hausse des prix, en particulier sur l’huile de palme à cause de la demande en agrocarburants, a commandé et fait publier un rapport alertant sur les dangers environnementaux de ces derniers24. Leur propre intérêt prime donc, et cela se voit d’autant plus dans leurs investissent. BP investit dans l’énergie solaire mais s’attèle toujours à la construction de nouveaux oléoducs. Pire, BP investit également dans le bitume et l’huile schiste, qui ont des conséquences bien plus néfastes que le pétrole.
Les directeurs des compagnies ont le droit d’agir en fonction de leurs futurs profits, ce qui pourrait inclure une stratégie d’évitement de crise pour la société au sein de laquelle ils travaillent. Mais cela nécessiterait une collaboration entre beaucoup de compagnies ; sans cette collaboration, la gestion de la réduction des émissions toucherait les profits à courts termes et feraient une chute à la bourse. Une telle collaboration, si ce n’est pour des intérêts immédiats (comme lutter contre une législation restrictive) n’a jamais existé. Pire, tenter d’arranger la question du changement climatique sonnerait le glas pour des industries qui ne sont pas prêtes de collaborer.
Même si des collaborations étaient mises en place, elles le seraient pour les intérêts à long terme des grandes entreprises, qui ne sont pas ceux de la société.
Des mécanismes basés sur les marchés.
Les grandes entreprises veulent éviter les réglementations qui auraient un impact sur leurs profits. Les mécanismes basés sur le marché, pour lesquels les compagnies reçoivent des subventions financières ou des baisses d’impôts les encourageant à réduire leurs émissions, sont plus acceptables si leur alternative est la réglementation. Ils suivent la logique des grandes entreprises qui ne feront un geste en faveur de la société que si elles reçoivent une récompense qui leur convient.
La prévisibilité
Après le profit, les grandes firmes veulent un environnement prévisible pour leurs commerces. En terme de politique du climat, quelles seront les taxes relatives à la pollution, quelles seront les subventions sur les économies d’énergie, et quels investissements publics sur les nouvelles technologies leur seraient profitables, tout comme les politiques gouvernementales qui pourraient encourager ou enrayer les développements de telles ou telles infrastructures comme les centrales à charbon, les aéroports ou les parcs éoliens. Les entreprises peuvent s’adapter à un environnement plus restrictif (bien qu’elles fassent pression pour l’éviter) seulement s’il se révèle fiable sur le long terme.
Les avantages compétitifs
En investissant les premières dans de nouvelles technologies et en mettant en avant des mécanismes basés sur le marché, les compagnies espèrent pouvoir obtenir un avantage sur leurs concurrents et être ainsi plus compétitives. Il s’agit de récolter un bon impact dans les relations publiques et être perçues comme étant à l’avant-garde.
Cibler le train de vie.
Les compagnies et les gouvernements s’accommodent bien d’une vision du changement climatique qui relève plus du changement de comportement des consommateurs que du changement des structures économiques. Cela fait glisser la responsabilité hors de la sphère des producteurs et des législateurs tout en taisant le rôle du gouvernement qui est de représenter les droits de l’intérêt public et la propension des entreprises à encourager la consommation compulsive. La consommation devient la solution et non le problème.
Echelle globale, production de masse et solutions en cours.
Certains produits et marchés s’accommodent mieux que d’autres avec la domination de grandes compagnies à cause de l’économie d’échelle, des marges de profits, du rapport travail-capital, les opportunités de standardisation ( ou le manque de ces opportunités) et bien d’autres nombreux facteurs. Ainsi, par exemple, le commerce du pétrole est dominé par des immenses compagnies transnationales alors que celui de la coiffure relève de très petites structures.
Dans le marché grandissant des technologies de réduction des émissions, on peut voir comment les technologies centralisatrices et à grande échelle (énergie nucléaire, barrage, usine marémotrice, centrale à charbon avec captage et stockage de carbone) ou les technologies liées à la production de masse créant des marchés continus en vendant un produit consommable instantanément (agro carburant, hydrogène), sont sur le devant de la scène des médias et des investissements, alors que les technologies à plus petite échelle, qui nécessitent des installations plus individuelles, et sont plus à même à améliorer un produit définitif qui n’ait besoin que d’un investissement unique ( l’hydroélectricité des courants d’eau, la production de biogaz à l’échelle d’une ferme, l’énergie solaire thermique) sont relativement négligées, malgré le fait qu’elles sont bien plus efficaces pour réduire les émissions par rapport à l’énergie produite.. Les technologies d’énergies renouvelables classiques comme les éoliennes et les panneaux solaires se trouvent à mi chemin entre ces deux axiomes. Les grandes compagnies se concentrent sur le profit qu’il y a à tirer et évitent les marchés ou des firmes plus petites pourraient être avantagées.
Le marché du carbone : comment ça fonctionne et quels sont ses effets sur les nouvelles technologies.
Pourquoi le marché du carbone est-il important pour ce rapport.
Le marché du carbone n’est pas une technologie, c’est un mécanisme promu par les gouvernements et les entreprises pour encourager les réductions des émissions. A présent, c’est le mécanisme dominant dans les tentatives de réductions. Il a donc en tant que tel une importante influence sur les technologies choisies et les domaines d’innovations.
Le marché du carbone montre très bien comment l’implication des grandes compagnies dans les négociations des traités sur le changement climatique a créé un consensus qui les arrange mais qui est inefficace et ne fait qu’arranger l’idéologie de l’économie de marché.
Qu’est-ce que le marché du carbone ?
C’est une tentative de s’attaquer aux émissions à effets de serre en transformant la le cycle de carbone de la planète en une somme de valeurs échangeables dans un marché. Une limite (ou soupape) est placée sur le nombre de gaz à effets de serre pouvant être émis, et se retrouve divisée par le nombre d’entreprises polluantes. Le marché du carbone est le mécanisme clé introduit au Protocole de Kyoto, par lequel les pays industrialisés (dont la liste figure dans l’annexe 1 du traité) cherchent à caller leurs plans de réduction. En Europe le marché des émissions se fait via le Système Communautaire d’échange de quotas d’émissions (SCEQE).
Ce type de système hybride autorise les pollueurs qui ont émis plus que leur quotas à :
1. Acheter des droits de polluer à des pollueurs qui ont émis moins que leur quota (plafonnement et échanges).
2. Acheter des crédits à des pays plus pauvres ne figurant pas dans la liste de l’annexe 1. Ces crédits sont créés en fonction des projets « carbon saving » (comme l’amélioration de l’efficacité des usines, des plantations d’arbres, ou des projets d’énergie renouvelable), que l’on appelle référencer et créditer (« Baseline and credit »).
Le Protocole de Kyoto présente deux de ces systèmes de « référence-et-crédit » : le Mécanisme de Développement Propre (MDP) pour les pays n’appartenant pas à l’annexe 1, (les Suds) et l’application conjointe (AC) pour ceux qui sont en marge de l’annexe 1, les pays d’Europe de l’est.
Le coût des permis d’émissions, le prix du carbone, est négocié par le marché. Au moment de l’écriture de ce rapport, le prix en Europe tourne autour de 22-24€ par tonne de dioxyde de carbone. En théorie, cela devrait avoir pour résultat de rendre le coût de cette réduction d’émissions le moins lourd possible.
La façon dont les quotas ont été divisés repose en gros sur le nombre de pays émetteurs. Les pays ont négocié des quotas nationaux faisant partie du processus de Kyoto et ont passé une partie de leur quota aux industries lourdes et aux secteurs d’énergies exemptés de charges. Au Royaume Uni 46% du quota national est réparti sur environ 1000 installations représentant un avoir de 4milliards d’euros.
Les principaux acteurs.
Les pays de l’annexe 1 de Kyoto : Australie, Autriche, Biélorussie, Belgique, Bulgarie, Canada, Croatie, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Irelande, Italie, Japon, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Monaco, Pays Bas, Nouvelle Zélande, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Fédération Russe, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine, Royaume Uni.
Les pays vendant des crédits MDP : Chine, Brésil, Corée, Inde (totalisant 86% des crédits)
La bourse des émissions : European Climate Exchange (ECX), Chicago Climate Exchange (CCX), Ecosecurities, Point Carbon, Climex, SendeCO2
Les superviseurs des crédits MDP AP : Det Norske Veritas, TÜV Süddeutschland, SGS Société Générale de Surveillance, Japan Quality Assurance
Des groupes de pression (lobby) : Environmental Markets Association, International Emissions Trading Association, International Petroleum Indus- try Environmental Conservation Association, Transatlantic Business Dialogue,
Les compagnies recevant les plus de crédits subventionnés par le gouvernement au Royaume Uni : Corus, E.ON, RWE, EDF, Keadby Generation (owners of Fiddlers Ferry and other power stations), Drax, Scottish Power, Shell, BP, Exxon Mobil, Centrica, British Energy, Blue Circle (owners of Lafarge Cement), Total, Scottish and Southern Energy
Les ONG : World Resources Institute, Environmental Defence, WWF
Une extrême complexité qui fait que ça ne peut pas marcher.
Larry Lohman, critique du marché du carbone, fait remarquer que le marché du Protocole de Kyoto a mis en place le processus international le plus centralisé, compliqué, opaque, et incompréhensible qui n’a jamais été mis en place, et que le Système Communautaire d’Echange de Quota des émissions est peut-être est la partie la plus complexe et la plus impénétrable de la législation environnementale européenne25. Les partisans de ce système montrent qu’aux Etats Unis ça a permit de réduire les émissions de dioxyde de sulfure, mais il s’agit d’une étude sur un seul pays, et d’un succès très limité et soumis à des conditions différentes26.
Pour que cela marche il aurait fallu une surveillance des émissions adéquate, avec une réelle pénalisation et des sources d’émissions qui soient limitées. Ces conditions n’existent pas avec le marché du carbone. Le niveau d’émissions des pays n’est pas mesurable précisément, du moins assez pour que ce système soit efficace. Une étude avait calculé la marge d’approximation entre 4 et 21%,27 d’autres entre 10 et 30%.28 L’agence britannique pour l’environnement affirme que 40% des sites n’ont pas un suivi satisfaisant des émissions. 29 De plus il a beaucoup plus de sources d’émissions pour le dioxyde de carbone que pour le dioxyde de sulfure. John Henry, un homme d’affaire avec une expérience réussie en tant que courtier de permis d’émissions, a dit que vu le manque d’habilité à surveiller cet important nombre de sources émettrices et l’absence d’un mécanisme de réglementation stricte au niveau national, le marché international du carbone allait « donner au mécanisme du marché des émissions une mauvaise réputation. »30
C’est justement le problème avec le « cap and trade ». Le « baseline and credit » est encore plus compliqué, il est impossible de mesurer précisément les émissions pour les projets. C’est dans l’intérêt de tous les partis de surestimer l’économie d’émissions. Si de tels projets viennent compenser une hausse continue d’émissions venant des pays industrialisés, il leur faut économiser bien plus d’émissions que ce qui était prévu sinon le crédit initial ne sera plus valable pour le projet le scénario-référence du projet). Le projet a donc à anticiper cette augmentation d’émissions et prouver qu’il peut la soutenir avec le crédit qui lui aura été imputé.
En réalité, tout scénario qu’une compagnie met en avant reposera sur beaucoup de suppositions qui ne pourront être vérifiées, sans compter leur variabilité qui rendra difficilement quantifiable le carbone économisé. Il ya une grosse tendance à gonfler le niveau des émissions des projets dans le scénario de base pour obtenir un maximum de crédit. Les compagnies ont aussi tendance à se porter candidate pour des projets dont elles obtiendront les crédits de toutes façons. Un représentant de l’Asian Development Bank a admis que leur première réaction au MDP a été de parcourir leur portfolio pour trouver direct des projets qui rapporter de l’argent en plus avec les crédits carbone.31 En plus, les crédits carbone récompense les enfouissements de carbone dans les sols et les plantations d’arbres. La rigueur scientifique qui sous tend ces projets est plus qu’incertaine et il est simplement impossible de donner une idée exact du carbone économisé, s’il y en a. Cette contrefaçon de crédits carbone est utilisée pour compenser les émissions réelles du Nord, c’est comme si on payait sa facture de gaz avec des billets de Monopoly. Depuis que les crédits MDP sont deux à quatre fois moins chers que l’achat de crédits carbone avec le SCEQE,32 les compagnies européennes préfèrent nettement en acheter même si elles ne valent même pas le papier qu’elles gâchent. Cela fait de tout ce système une imposture.
Des incitations aux effets pervers.
Comme il est coûteux pour une compagnie de faire les adaptations nécessaires pour réguler son quota d’émissions, il vaut mieux acheter des crédits à l’étranger que d’investir dans du matériel. En bref, un strict minimum de conformité est requis plutôt qu’un investissement à long terme pour réduire les émissions des pays du nord.
Les gouvernements des Suds sont récompensés pour relâcher leurs standards environnementaux de façon à augmenter les références d’émissions des scénarios des projets, ce qui augmente leurs crédits. Le département des mines et de l’Energie d’Afrique du Sud a admis qu’il faisait face à une pression de la part du secteur privé qui lui demandait de ne pas avoir d’objectifs de réduction d’émissions trop rigoureux, afin d’éviter que les projets MDV ne soient pas jugés lacunaires, ce qui le serait si le Département maintenait ses objectifs.33
Le marché du carbone permet de réduire ses émissions à moindre frais. Les changements faciles et à moindre coût ne sont pas nécessairement ceux qui sont le plus importants à faire. Certaines mesures de réduction peuvent ouvrir la voie à des changements plus profonds dans le futur. D’autres induisent des changements ponctuels qui n’évoluent pas et n’ont aucun bienfait environnemental ou social. Par exemple, un certain montant d’émissions peut être économisé en améliorant l’efficacité d’une usine : c’est une mesure ponctuelle. Ce même montant peut être économisé en changeant les comportements pour tendre vers une réduction de demande d’énergie, ce qui ferait chuter fortement les émissions dans le futur. Certains types de réductions peuvent avoir des implications au moins aussi importante que le niveau global.34
Récompenser les pires pollueurs avec des droits patrimoniaux de valeur.
Le système du marché de carbone remplace le « pollueur payeur » par le « pollueur s’achète sa tranquillité » ou même le « pollueur en profite comme il est de son principe. »
En Europe, le droit de polluer a été donné gratuitement aux 11428 installations les plus polluantes.35 Les compagnies ont une énorme influence sur les processus de négociations, elles font pression pour obtenir un plafonnement global bas et des quotas d’émissions hauts, ce qui signifie pour elles qu’elles peuvent rester à un quota qui leur permet de revendre leur surplus aux industries qui ont eu moins d’influence. Au Royaume Uni, des compagnies comme BP et Shell ont pu faire des profits inattendus alors que le National Health Service a dû payer beaucoup pour acheter des permissions en extra.36 En 2205, une telle « exception » signifie que le nombre total de permissions accordé par l’Union Européenne dépasse le plafonnement de 10%, ce qui équivaut à 1.8 milliard d’€ accordés aux compagnies les plus destructives.
Ce nouveau système de droits privés de propriété est préoccupant. Les gouvernements donnent des droits que l’on peut considérer de biens publics. C’est la privatisation. L’Histoire montre que quand des droits à la propriété privée sont créés ils se retrouvent entre les mains des puissants.38 Dans ce cas on accorde aux gros pollueurs le droit de polluer, ce qui les pousse à vouloir plus lors de nouvelles négociations sur les réductions d’émissions. Quand le plafonnement a été rabaissé, les compagnies font pression pour maintenir le droit d’émission le plus haut possible, et du coup le prennent aux secteurs de l’énergie domestique, aux secteurs publics et aux transports. Au niveau global, le Nord détient le plus haut niveau d’émissions permis.
Faire durer la dépendance aux énergies fossiles.
La commercialisation du carbone a pour but de perpétrer l’énergie fossile, et non d’induire des changements pour aller vers d’autres énergies. Comme Larry Lohmann l’a fait remarquer, « Alors que ce système de marché peut en théorie permettre aux usines participantes d’économiser de l’argent en réduisant leurs émissions de substances spécifiques à un degré particulier, sur une période donnée, et à travers un panel plus large de technologies, il n’est pas le choix le meilleur si l’objectif est d’économiser l’argent industriel, ou d’atteindre une amélioration environnementale globale, ou de faire des réductions plus drastiques avec des objectifs à long terme, ou d’entraîner un changement au sein d’un système technologique à grande échelle. »39
Le commerce du carbone ne fait que gaspiller l’inventivité et les ressources en ne faisant que peaufiner des technologies qu’il faudrait supprimer. C’est également vrai pour le MDP : 72% des projets finissent épinglés sous forme d’annonces dans les usines émettrices. Loin de récompenser les projets d’énergies renouvelables qui aura des impacts bénéfiques sur le développement, le MDP ne récompense en fait que les opérations très polluantes mais très bien financées, capables d’enrôler des faiseurs des scénarios aux probabilités factuelles douteuses.40
L’expert du MDP Ben Pearson fait remarquer que « Un mécanisme conçu pour promouvoir une protection climatique… devrait réduire les projets reposant sur le pétrole et le charbon, et lui fournir de nouvelles sources de revenus en les détournant des projets renouvelables.41
Des impacts négatifs inacceptables sur les communautés et l’environnement.
Depuis que les sites très pollueurs peuvent acheter leur droit de polluer, la bourse du carbone ne fait rien pour améliorer les conditions de vies des communautés souffrant des conséquences de la pollution provenant des industries lourdes et pétrochimiques. Ces pollueurs se concentrent en général dans des zones très pauvres.
De plus, des crédits peu coûteux qui permettent aux compagnies de continuer à polluer les communautés les plus pauvres dans le Nord, sont produits aux dépends des communautés des Suds. Les projets MDP ont été associés à des confiscations de territoires et des épuisements des sols et des eaux, des violations de droits humains et des pollutions affectant les communautés. Le MDP n’a pas su récompenser les projets à petites échelles qui offraient de réels bénéfices pour les communautés car elles ne mettaient en œuvre que trop peu de crédits pour faire bouger la bureaucratie.
Conclusion.
La commercialisation du carbone n’a pas poussé les compagnies à faire des investissements à long terme pour le bien de la planète. Au contraire, cela leur a appris à comment faire pression pour pouvoir émettre plus, faire payer les consommateurs, soutirer des crédits peu coûteux à l’étranger, se faire une belle image écologique, garder les énergies fossiles comme le gaz en option, et à ne faire que peu de progrès.42 Des actions pratiques à long terme pour le changement climatique ne font pas partie de la réalité de la bourse au carbone.
Pourquoi les grandes sociétés n’ont pas la solution au changement climatique.
Les compagnies peuvent se jouer du marché, mais pas du climat.
Bien qu’il y ait quelques compagnies qui ont su conjuguer intérêts et prise en compte du changement climatique, et qui ont en leur sein des personnalités vraiment engagées dans cette crise, l’approche générale reste le problème.
Le profit, l’intérêt, même chez une compagnie cherchant à tirer un bénéfice des solutions que requiert le changement climatique, est une motivation pervertie. Les compagnies sont historiquement connue pour se réclamer de tel ou tel engagement afin d’en tirer profit : l’efficacité d’un remède pharmaceutique, les réserves de pétrole, les impacts de leurs opérations dans les Suds. La publicité sur les solutions technologiques au changement climatique ne fait pas exception, il s’agit de gagner des investisseurs et de vendre des produits.
Par exemple, dans son rapport sur le développement durable, Shell prédisait que, à moyen terme, les conducteurs pourraient se déplacer sur 400 km avec un réservoir de 2 litres d’hydrogène que l’on pourrait acheter dans des garages. 43 Cette prédiction n’a aucun rapport avec le développement de la technologie de l’hydrogène (voir ci-dessous). L’industrie de l’aviation continue de s’appuyer sur des données périmées lorsqu’elle affirme que son impact sur le climat et bien moindre que ce que le public peut en percevoir.44 Les émissions issues de la production d’agrocarburants se révèlent être bien plus néfastes que celles des énergies fossiles, mais les compagnies qui continuent à en tirer aveuglément profit se targuent d’être vertes.
De telles déclarations freinent les investissements dans des technologies plus utiles et couvrent les émissions pendant que les compagnies continuent de fructifier. Les responsables émetteurs pourraient être épinglés, les crédits de réductions peuvent être vendus, mais du point de vue climatique les émissions sont toujours là et on ne fait toujours rien.
Le boom des écotechnologies.
« Quand les géants de l’industrie tels que GE, Toyota, et Sharp, ainsi que les investisseurs comme Goldman Sachs insufflent des milliards et des milliards de dollars dans les technologies propres, le message est clair. Développer des écotechnologies ne relève plus d’une question sociale que les environnementalistes ont à mettre en jeu, mais d’une entreprise financière solidement ancré dans le flux du business. »45
Comment le monde des technofixes sponsorisés par les compagnies évolue s’observe aisément dans les marchés. Les écotechnologies ou technologies propres sont programmées pour être les nouvelles starts-up, les nouvelles biotechnologies, la nouvelle vague technologique qui changera le monde et profitera grandement aux compagnies qui auront su prendre cette nouvelle tendance. En agitant leurs nouvelle image environnementaliste elles prennent un nouveau courant commercial, les écotechnologies désignent « tout produit, service, ou processus qui délivre une valeur n’utilisant pas ou peu de ressources non renouvelables et/ou crée moins de gâchis que les offres conventionnelles. »46 Cela englobe plusieurs secteurs : l’énergie, le transport, les matériaux et l’eau. En 2006, le secteur de l’énergie propre à lui seul était estimé à 55.4 milliards de dollars par les chercheurs du Clean Edge. 47 Les chercheurs de Lux Research, experts en technologies émergeantes a produit les analystes les plus importantes et a calculé le nombre de ces entreprises de technologies propres à 1500 dans le monde.48
Ces booms technologiques arrivent quand un nombre des facteurs se regroupent. Les analystes des technologies propres décrivent une « tempête parfaite » de facteurs qui ont contribué à sa croissance :
Le changement climatique et le pic pétrolier : l’augmentation du prix du pétrole, la demande des gouvernements pour une sécurité énergétique et le coût potentiel des gaz à effets de serre dus au marché du carbone ont encouragé les entreprises à investir dans les écotechnologies.
Les marchés émergeants : la croissance économique en Chine, en Inde, dans d’autres pays asiatiques, en Afrique et en Amérique du Sud entraine un accroissement des investissements dans des technologies plus propres, juste parce qu’il n’y a pas assez d’énergie fossile pour suivre. Des millions de personnes quittent les zones rurales pour les villes et la croissance économique entraine une plus forte demande en accès à l’électricité et à d’autres services. En 2006, la Chine a consacré à l’investissement près de 180 milliards de dollars sur 15 ans dans les écotechnologies. Les compagnies veulent tailler leur part dans ce marché émergeant.
La convergence technologique : Les nouveaux développements en nanotechnologies, en biotechnologies, et des technologies d’information ouvrent d’énormes opportunités dans la création de matériaux, processus ou produits nouveaux et moins coûteux.
La compétition : les vielles, les régions et les pays commencent à entrer en compétition pour être le pôle de manufacture et de développement pour les technologies propres en offrant des subventions et des réductions d’impôts.
Le capital : beaucoup d’investisseurs à la tête de la croissance de la révolution High Tech et Internet se sont mis à investir dans les technologies propres ces dernières années. Vinod Khosla of Sun Microsystems est un des investisseurs clé. Les grandes compagnies comme Goldman Sachs, BP, General Electric ont investi des milliards dans ce secteur.
La préoccupation du consommateur: qui demande des produits et des services propres et encouragent le marché à créer des produits spécifiques.
Les effets de ce boom.
Les écotechnologies sont loin d’être le créneau des compagnies alternatives préoccupées par les questions sociales ou environnementales. Il s’agit plutôt d’un investissement pour des chercheurs de profits qui font peu de cas des causes environnementalistes, si ce n’est pour leur communication publique. L’estimation des compagnies d’écotechnologies repose en grande partie sur la propriété intellectuelle, qui est la clé pour gagner des investissements de la part des capitalistes aventureux. On fait la course aux technologies clés auxquelles les populations seront dépendantes dans le future, afin d’en toucher les royalties.
Dans cette approche High Tech, la performance est la clé. Dans l’absence d’une législation motivante, i.e. offrant subventions et exonérations de taxes, interdiction provisoire de produits considérés comme destructeurs, les compagnies ne peuvent pas mettre de nouveaux produits sur le marché sur le seul critère environnemental, elles doivent affronter leurs performances avec les produits conventionnels. Donc il s’agit de performance et non d’économie d’énergie, ce qui n’engage pas de réduction de consommation ni de développement durable. On peut le voir dans le développement automobile. Le modèle T Ford a une performance énergétique de 25 mpg. La moyenne américaine aujourd’hui est de 21 mpg. Les gains ont été utilisés pour augmenter la vitesse, le poids, et les gadgets50.
Pour beaucoup le boom des technologies propres est un signe positif vers une perspective de régulation du climat. Le marché se réveille, les innovations apportent de nouvelles possibilités. Mais déjà des analystes préviennent que les écotechnologies risquent de se noyer sous son propre battage publicitaire. Lux Research fait remarquer que ces nouveaux marchés « rappellent étrangement le boom des starts-up Internet » avec des compagnies très surestimées à cause des flux de capitaux qui arrivent.51 Ce qui fait que le marché explose et soit très dynamique. Toutefois, au moment de l’écriture de ce rapport, le crédit global se rétracte et la récession américaine imminente assèche les flux monétaires, ce qui va ralentir le boom et amener une réévaluation du capital disponible.
Sur les milliers des ces nouvelles entreprises seulement un petit pourcentage va s’accroître. Pour celles qui développent des technologies peu importe si ces dernières marcheront, ce qui importe c’est d’attirer les fonds, de faire de l’argent et de tout revendre avec le crash. On peu le voir dans d’autres secteurs : par exemple durant le boom de la biotechnologie dans les années 90, les compagnies de semences génétiquement modifiées avaient promis des plantes alimentaires aux vertus médicinales ou nutritionnelles supérieures. Qu’en est-il à présent ? Dans la plupart des cas, les compagnies ont été rachetées, fusionnées, et leurs grands projets phares qui faisaient la une il ya dix ans ont disparu de la circulation.
Dans l’analyse du boom des technologies propres, les technologies qui ont manqué le coche sont celles que l’on ne peut pas appliquer à grande échelle, ou dont le coût ne les rend pas compétitives sur le marché. Il ya beaucoup de raisons pour lesquelles ces technologies ont échoué au test du marché. L’efficacité et la durabilité ne sont que deux facteurs parmi tant d’autres, et du point de vue du marché, elles importent peu.
Les grandes compagnies se bousculent au portail et joue la carte du temps, pour voir quelles entreprises vont survivre à leur battage médiatique, et attendre que le prix du carbone atteigne un prix qui rendent ces technologies viables. Pendant ce temps on pèse le pour et le contre les solutions au changement climatique. Les changements que l’on aurait dû faire des années plus tôt ont été remis à plus tard, on met de côté les technologies qui auraient pu être utiles en attendant qu’elles soient plus profitables, les émissions augmentent et les possibilités d’éviter des dangereux revirements climatiques diminuent.


18 George Monbiot, 'The Denial Industry' in Heat: How to Stop the Planet Burning, Penguin, 2006 p20-42
19 Source Watch, 'Global Climate Coalition', http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Global_Climate_Coalition viewed 2/2/08
20 Gene Borio, 'Tobacco Timeline', http://www.tobacco.org/resources/history/Tobacco_History20-2.html viewed 2/2/08
21. See Source Watch, 'Global Climate Coalition', http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Global_Climate_Coalition viewed 2/2/08
22 Larry Lohman, 'Made in the USA' in Carbon Trading:A Critical Conversation on Climate Change, Privatisation and Power, Dag Hammarskjold Foundation, October 2006, and George Monbiot, 'Hurray We're Going Backwards', The Guardian, 17 December 2007
23 Rebecca Spencer, Corporate Law and Structures: Exposing the Root of the Problem, Corporate Watch, January 2004 and Claire Fauset, What's Wrong With Corporate Social Responsibility?, Corporate Watch, May 2006 http://www.corporatewatch.org
24 Unilever, ‘Promoting sustainable biofuels’ October 2007. http://www.unilever.com/ourvalues/environment-society/sus-dev-report/climate-change/renewable-energy- biofuels.asp
25 Larry Lohmann, Carbon Trading: A critical conversation on climate change, privatisation and power, Dag Hammarskjold Foundation, Development Dialogue no. 48, September 2006, p195
26 ibid., p108-9
27 Suvi Monni, ‘Uncertainties in the Finnish Greenhouse Gas Emissions Inventory’, Environmental Science and Policy 7, 2004, p87–98
28 Michael Obersteiner et al., ‘Quantifying a Fully Verifi able Kyoto’, World Resource Review 14, 2002, p542.
29 ‘Agency Slashes Check Monitoring of Industrial Emissions’, ENDS Report 360, January 2005. See also Fred Pearce, ‘Kyoto’s Promises are Nothing but Hot Air’, New Scientist 2557, 24 June 2006,
30 Larry Lohmann, Carbon Trading: A critical conversation on climate change, privatisation and power, Dag Hammarskjold Foundation, Development Dialogue no. 48, September 2006, p132
31 ibid., p147
32 ibid., p141
33 ibid., p176-177
34 Larry Lohmann, Carbon Trading: A Critical Conversation on Climate Change, Privatisation and Power, Development Dialogue No 48, September 2006, p101 - 121
35 Carbon Market Europe, 24 June 2005, http:www.pointcarbon.com
36 Open Europe, ‘The High Price of Hot Air: Why the EU Emissions Trading Scheme is an Environmental and Economic Failure’, Executive Summary, London, 2006, p3. http://www.openeurope.org.uk/research/ets.pdf
38 Larry Lohmann, Carbon Trading: A critical conversation on climate change, privatisation and power, Dag Hammarskjold Foundation, Development Dialogue no. 48,
September 2006, p78-79
39 ibid., p118
40 ibid., p172
41 ibid., p181
42 ibid., p190-191
43 Energy Needs, Choices and Possibilities: Scenarios to 2050, Global Business Environment, Shell International 2001, p48 http://www.cleanenergyfunds.org/ CaseStudies/Shell_2050.pdf
44 See for an analysis of this: Stefan Gossling and Paul Peeters, 'It Does Not Harm the Environment! An Analysis of Industry Discourses on Tourism, Air Travel and the Environment', Journal of Sustainable Tourism Vol. 15, No. 4, 2007
45 Ron Pernick and Clint Wilder, The Clean Tech Revolution: The Next Big Growth and Investment Opportunity, Collins, 2007 cover
46 ibid., p2
47 ibid., p19
48 Lux Research, The Cleantech Report, 2007
50 http://www.wanttoknow.info/050711carmileageaveragempg
51 Lux Research, The Cleantech Report, 2007









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